Date de mise à jour : 08.10.2026
DEPAKINE® – DEPAKOTE® – DEPAMIDE® – DIVALCOTE® – MICROPAKINE®
L’acide valproïque ou valproate de sodium (DEPAKINE®, MICROPAKINE®) est utilisé dans le traitement de l’épilepsie.
Le divalproate de sodium (DEPAKOTE®, DIVALCOTE®) et le valpromide (DEPAMIDE®) sont utilisés dans les troubles bipolaires et se métabolisent tous les deux en acide valproïque.
Les données et la conduite à tenir présentées ci-dessous sont valables de façon identique pour ces différentes molécules qui seront regroupées sous l’appellation « acide valproïque ».
ETAT DES CONNAISSANCES
- Fertilité
- Chez l’animal, l’acide valproïque peut entraîner une atteinte réversible de la spermatogenèse et une atrophie testiculaire.
- Chez l’homme, quelques atteintes des fonctions de la reproduction ont été rapportées :
- altération du spermogramme avec diminution du nombre, de la motilité et des formes typiques des spermatozoïdes. Ces effets sont réversibles à l’arrêt du traitement. Une dose-dépendance, étudiée chez un seul patient, a été observée.
- anomalies du bilan hormonal avec notamment diminution de la testostérone et de la FSH, et augmentation de la DHEAS (déhydroépiandrostérone).
- quelques troubles de la fonction érectile.
- légère diminution du volume testiculaire.
- Conception au cours d’un traitement paternel
- Passage dans le liquide séminal
- Le passage de l’acide valproïque dans le liquide séminal est extrêmement faible : la quantité contenue dans un éjaculat est de l’ordre de 0.02 mg.
- Données cliniques
- Aspect malformatif :
A ce jour, les données publiées sur des enfants dont le père était traité par acide valproïque dans les 3 mois avant et/ou au moment de la conception sont très nombreuses et aucun effet tératogène n’est attribué au traitement paternel par acide valproïque, contrairement à ce qui est décrit lors d’un traitement maternel (Acide valproïque – exposition maternelle). Ceci est cohérent avec le passage extrêmement faible de l’acide valproïque dans le liquide séminal (cf. ci-dessus).
- Aspect neurodéveloppemental :
Les données publiées sur des enfants dont le père était traité par acide valproïque dans les 3 mois avant et/ou au moment de la conception sont très nombreuses. Les résultats des études épidémiologiques (cohortes de grande taille) sont contradictoires, certaines études ne mettant pas en évidence d’augmentation des troubles du neurodéveloppement (Tomson 2020, Christensen 2024, Christensen 2025, Meng 2026, Razaz 2026, Feng 2026), d’autres étant en faveur d’une augmentation du risque de troubles du neurodéveloppement (Colas 2025, Etude EPI-PHARE 2025 – à ce jour non publiée dans une revue à comité de lecture). Les résultats en faveur d’une association positive pourraient être notamment entachés de biais liés à une durée de suivi différente entre les groupes comparés, à la pathologie paternelle et sa sévérité, à la non prise en compte de l’environnement de vie de l’enfant, notamment le statut socioéconomique du foyer ou le niveau d’éducation des parents. Les résultats négatifs, issus d’études de plus petite taille pourraient quant à eux être liés à un manque de puissance statistique. A ce jour, il n’est donc pas possible de statuer ni sur l’existence ou l’absence d’un risque de troubles du neurodéveloppement, ni sur sa nature exacte si celui-ci existe.
EN PRATIQUE
- En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
- Par prudence et dans la mesure du possible, on préférera une alternative thérapeutique en raison des incertitudes relatives au risque de troubles du neurodéveloppement chez les enfants dont le père était traité par acide valproïque au moment de la conception ou dans les 3 mois précédents (cf. Etat des connaissances).
- Penser au rôle possible de l’acide valproïque en cas de troubles de la fertilité sans autre étiologie chez un homme traité (cf. Etat des connaissances).
- Grossesse conçue sous traitement paternel
- Rassurer le couple quant au risque malformatif d’une conception paternelle sous acide valproïque.
- Ne pas inquiéter le couple quant aux conséquences d’un traitement paternel par acide valproïque au moment de la conception ou dans les 3 mois précédents.
- Cette exposition paternelle ne justifie pas un suivi de la grossesse différent de la surveillance usuelle.
- Bien que les données soient contradictoires et doivent être confirmées (cf. Etat des connaissances), de principe, on pourra proposer d’être attentif à l’évolution du neurodéveloppement de l’enfant.
- Traitement paternel en cours de grossesse
- Le traitement paternel par acide valproïque peut être instauré, poursuivi ou repris en cours de grossesse sans précaution particulière ni surveillance spécifique de la grossesse.
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Acide valproïque – Grossesse
Seuls quelques noms de spécialités sont mentionnés dans ce site. Cette liste est indicative et n’est pas exhaustive.