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Baclofène - Grossesse et allaitement


Mise à jour : 22 novembre 2021



Pour en savoir plus :

Alcool - Grossesse et allaitement (cliquez ici)


BACLOCUR® - LIORESAL®


Le baclofène est un myorelaxant à action centrale administré par voie orale ou intrathécale.
Il est utilisé dans le traitement de la spasticité, et dans la prise en charge de la dépendance alcoolique (cf. HAS 2021).
Ses effets indésirables sont notamment une somnolence et, en cas d’arrêt brutal, un syndrome de sevrage.
Après administration intrathécale, les concentrations plasmatiques de baclofène sont faibles.


ETAT DES CONNAISSANCES

  • Aspect malformatif
    • Les données publiées chez les femmes enceintes exposées au baclofène au 1er trimestre de la grossesse sont peu nombreuses, mais aucun élément inquiétant n’est retenu à ce jour.
    • Le baclofène n’est pas tératogène chez l’animal.
  • Aspect néonatal
    • Le baclofène passe le placenta. Les concentrations plasmatiques maternelles et néonatales sont proches.
    • Un syndrome de sevrage néonatal au baclofène (irritabilité, cri aigu, hypertonie et trémulations) est décrit chez des enfants de mère traitée par voie orale jusqu’à l’accouchement.

EN PRATIQUE

  • En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
    • Le baclofène peut être poursuivi jusqu’à la confirmation la plus précoce possible de la grossesse (cf. ci-dessous).
  • Traiter une femme enceinte
    • Par voie orale
      • Spasticité
        • Compte tenu des données disponibles, l’utilisation du baclofène est envisageable, si possible de principe après 10 semaines d’aménorrhée (fin de l’organogenèse).
      • Dépendance alcoolique
        • Toutes les mesures permettant d’éviter une prise d’alcool en cours de grossesse sont préférables à la poursuite (ou à la reprise) de l’alcoolisation maternelle.
        • Dans ce contexte, si l’acamprosate (Aotal®) ou la naltrexone (Révia®) ne conviennent pas, l’utilisation du baclofène est envisageable, y compris pendant l’organogenèse, en raison des conséquences graves de l’alcool pour le futur enfant.
      • En cas de prise chronique de baclofène jusqu’à l’accouchement, avertir l’équipe de la maternité qu’un syndrome de sevrage néonatal peut survenir et qu’il peut être pris en charge si besoin par une administration de baclofène au nouveau-né.
    • Par voie intrathécale
      • En raison de l’exposition systémique très faible par cette voie, l’utilisation du baclofène intrathécal est possible quel que soit le terme de la grossesse.
  • Découverte d’une grossesse pendant le traitement
    • Rassurer la patiente quant au risque malformatif du baclofène.
    • Si le baclofène doit être poursuivi :
    • Par voie orale
      • Spasticité
        • Compte tenu des données disponibles, la poursuite du baclofène est envisageable, si possible de principe après 10 semaines d’aménorrhée (fin de l’organogenèse).
      • Dépendance alcoolique
        • Toutes les mesures permettant d’éviter une prise d’alcool en cours de grossesse sont préférables à la poursuite (ou à la reprise) de l’alcoolisation maternelle.
        • Dans ce contexte, si l’acamprosate (Aotal®) ou la naltrexone (Révia®) ne conviennent pas, le maintien du baclofène est envisageable y compris pendant l’organogenèse, en raison des conséquences graves de l’alcool pour le futur enfant.
      • En cas de prise chronique de baclofène jusqu’à l’accouchement, avertir l’équipe de la maternité qu’un syndrome de sevrage néonatal peut survenir et qu’il peut être pris en charge si besoin par une administration de baclofène au nouveau-né.
    • Par voie intrathécale
      • En raison de l’exposition systémique faible par cette voie, l’utilisation du baclofène intrathécal est possible quel que soit le terme de la grossesse.
  • Allaitement
    • Les données sur le baclofène et l’allaitement sont quasi-inexistantes.
    • Par voie orale :
      • La quantité de baclofène ingérée par l’enfant via le lait est estimée à environ 4 à 6% de la dose orale maternelle rapportée au poids (dosage effectué chez deux patientes).
      • Il n’y a pas de donnée pertinente sur des enfants allaités par des mères sous baclofène par voie orale.
      • En conséquence, on préférera éviter d’allaiter lors d’un traitement oral de baclofène.
    • Par voie intrathécale :
      • Les quantités de baclofène retrouvées dans le lait après administration intrathécale sont négligeables.
      • L’allaitement est donc possible pour cette voie d’administration.

Si une de vos patientes est exposée au baclofène en cours de grossesse ou d’allaitement, nous vous invitons à prendre contact avec le CRAT afin d’enrichir les connaissances sur ce médicament chez la femme enceinte ou qui allaite.



CRAT - Centre de Référence sur les Agents Tératogènes
Hôpital Armand Trousseau, 26 avenue du Docteur Arnold Netter, 75012 PARIS
Fax : +33 (0)144735395
- Réservé au corps médical.
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