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Spironolactone - Grossesse et allaitement


Mise à jour : 16 décembre 2019



Pour en savoir plus :

ALDACTONE®


En association avec altizide : ALDACTAZINE®.


La spironolactone est un diurétique épargneur de potassium antagoniste de l’aldostérone, ayant par ailleurs un effet anti-androgène.
Elle est utilisée notamment dans l’hypertension artérielle et dans les hyperaldostéronismes.
Elle peut entraîner une hyperkaliémie et des troubles endocriniens (gynécomastie, dysménorrhée).


ETAT DES CONNAISSANCES

  • Chez l’animal
    • L’effet anti-androgène de la spironolactone entraîne une féminisation des fœtus mâles lors de l’administration de fortes doses en 2ème partie de gestation.
  • En clinique
    • Les données publiées chez les femmes exposées à la spironolactone en cours de grossesse sont très peu nombreuses. A ce jour, aucun effet malformatif, ni anti-androgène n’ont été signalés.
    • Dans l’expérience du CRAT, aucune conséquence particulière n’a été observée à la naissance chez une cinquantaine d’enfants exposés in utero, dont une vingtaine de garçons exposés pendant toute ou partie de la différentiation sexuelle (de 8 à 17 semaines d’aménorrhée).
  • Dans la pré-éclampsie, l’effet hypovolémiant des diurétiques pourrait entraîner une diminution de la perfusion placentaire et aggraver ainsi l’ischémie de l’unité fœto-placentaire déjà présente.

EN PRATIQUE

  • En prévision d’une grossesse
    • Une consultation préconceptionnelle est souhaitable afin de réévaluer et d’adapter éventuellement le traitement dans la perspective d’une future grossesse.
    • Dans l’hypertension artérielle on préfèrera si possible un autre antihypertenseur. Pour les alternatives,cliquez ici.
    • Dans les hyperaldostéronismes, la poursuite du traitement est envisageable jusqu’à confirmation de la grossesse.
  • En cours de grossesse
    • Dans l’hypertension artérielle on préfèrera si possible un autre antihypertenseur. Pour les alternatives, cliquez ici.
    • Dans les hyperaldostéronismes, l’utilisation de la spironolactone est envisageable en l’absence d’alternative, en particulier au-delà de 17 semaines d’aménorrhée.
    • En cas d’exposition avant 8 semaines d’aménorrhée, rassurer la patiente quant au risque malformatif de la spironolactone.
    • En cas d’exposition entre 8 et 17 semaines d’aménorrhée, bien que le risque soit uniquement théorique, l’examen échographique des organes génitaux externes sera de principe particulièrement attentif chez les fœtus masculins.
    • Si le traitement est poursuivi jusqu’à l’accouchement, en informer les intervenants prenant en charge le nouveau-né (kaliémie).
  • Allaitement
    • La quantité de spironolactone ingérée via le lait est a priori très faible : l’enfant reçoit environ 1% de la dose maternelle (en mg/kg) sous forme de canrénone (un des 2 métabolites actifs de la spironolactone ; dosage effectué chez une seule patiente).
    • Dans le cas qui précède, l’enfant allaité par la mère sous spironolactone n’a pas présenté de troubles électrolytiques.
    • Aucun événement particulier n’a été signalé à ce jour chez des enfants allaités de mères recevant de la spironolactone.
    • Au vu de ces éléments, l’utilisation de la spironolactone est envisageable chez une femme qui allaite, tout en restant vigilant sur l’état de l’enfant (troubles électrolytiques, diurèse).
    • Si la spironolactone est utilisée en association avec l’altizide, il est préférable de ne pas allaiter.


CRAT - Centre de Référence sur les Agents Tératogènes
Hôpital Armand Trousseau, 26 avenue du Docteur Arnold Netter, 75012 PARIS
Fax : +33 (0)144735395
- Réservé au corps médical.
www.lecrat.fr


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