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Phénobarbital - Grossesse et allaitement


Mise à jour : 10 avril 2020



Pour en savoir plus :

ALEPSAL® - GARDENAL®


Le phénobarbital est un barbiturique utilisé par voie orale et injectable dans le traitement de l’épilepsie.
Ses effets indésirables sont notamment une somnolence.
Il peut induire une dépendance en cas de traitement prolongé.
Le phénobarbital a un effet inducteur enzymatique et peut rendre inefficace la contraception oestro-progestative ou progestative.
Il est un des métabolites de la primidone.
La demi-vie d’élimination plasmatique du phénobarbital est longue, de 50 à 140 heures chez l’adulte.


ETAT DES CONNAISSANCES (cliquez ici)


EN PRATIQUE

Il est important que l’épilepsie soit bien équilibrée tout au long de la grossesse.

Ne pas arrêter ou modifier un traitement antiépileptique sans l’avis du spécialiste.

  • En prévision d’une grossesse
    • Une consultation préconceptionnelle est souhaitable afin de faire le point sur la pathologie et son traitement en vue d’une future grossesse (cliquez ici).
    • On préférera, si possible, utiliser un autre antiépileptique dans la perspective d’une grossesse : cliquez ici.
    • En l’absence d’alternative, l’utilisation du phénobarbital est envisageable.
    • Informer la patiente des effets du phénobarbital en cours de grossesse (cf. Etat des connaissances).
    • Un dosage plasmatique de phénobarbital de référence est souhaitable avant le début d’une grossesse, car les concentrations plasmatiques de phénobarbital sont susceptibles de chuter lorsque la patiente sera enceinte (cf. Paragraphe « Aspect maternel » de l’Etat des connaissances).
    • En ce qui concerne la prescription d’acide folique chez les femmes épileptiques traitées, cliquez ici.
  • Découverte d’une grossesse pendant le traitement
    • Avant 10 semaines d’aménorrhée (SA) (pendant la période d’organogenèse) :
      • Informer la patiente enceinte des effets du phénobarbital (cf. Etat des connaissances).
      • La surveillance prénatale sera orientée sur le coeur, la face et les organes génitaux externes (cf. Etat des connaissances).
      • Avec l’accord du spécialiste, une suspension du traitement par phénobarbital est souhaitable au moins jusqu’à 10 SA révolues, fin de la période d’organogenèse.
      • Pour la suite de la grossesse, en l’absence d’alternative (cf. Antiépileptiques et grossesse), voir ci-dessous « Traiter une femme enceinte ».
    • Après 10 SA :
      • Si la grossesse est découverte après 10 SA, l’arrêt du phénobarbital ne permettra plus de prévenir l’apparition d’une malformation.
      • Si l’exposition au phénobarbital a eu lieu pour tout ou partie au cours des 10 premières semaines d’aménorrhée (cf. Etat des connaissances) :
        • Informer la patiente enceinte des effets du phénobarbital en cours de grossesse.
        • La surveillance prénatale sera orientée sur le coeur, la face et les organes génitaux externes .
      • Si le spécialiste juge nécessaire la poursuite du phénobarbital, voir ci-dessous « Traiter une femme enceinte ».
  • Traiter une femme enceinte
    • Avant 10 SA (pendant la période d’organogenèse) :
      • On préférera, si possible, utiliser un autre antiépileptique pendant cette période (cliquez ici).
      • En l’absence d’alternative, l’utilisation du phénobarbital est envisageable à la posologie minimum efficace (cf. Etat des connaissances).
      • Informer la patiente enceinte des effets du phénobarbital en cours de grossesse (cf. Etat des connaissances).
      • Si le phénobarbital est instauré avant 10 SA (cf. Etat des connaissances) :
        • La surveillance prénatale sera orientée sur le coeur, la face et les organes génitaux externes.
        • Si le phénobarbital est poursuivi, en particulier au 3ème trimestre, la croissance fœtale sera également surveillée.
      • En ce qui concerne la prescription d’acide folique chez les femmes épileptiques traitées, cliquez ici.
      • En cas de poursuite du phénobarbital jusqu’à l’accouchement :
        • Tenir compte de la diminution possible des concentrations plasmatiques maternelles de phénobarbital en cours de grossesse (surveillance clinique et plasmatique) et augmenter la posologie si nécessaire.
        • Prévoir la prescription de vitamine K1 à la mère à la posologie de 10 mg/j par voie orale pendant les 15 derniers jours de grossesse.
        • Les intervenants prenant en charge le nouveau-né seront avertis du traitement maternel afin :
          • De lui administrer en salle de travail 1 mg IM ou IV lente de vitamine K1 : posologie d’enfant à risque hémorragique majoré (ANSM septembre 2014) (cf. Etat des connaissances).
          • D’adapter sa prise en charge (sédation éventuelle, …). Rappelons que le phénobarbital a une longue demi-vie d’élimination plasmatique.
        • Pour éviter un surdosage maternel dans le post-partum, réajuster la posologie de phénobarbital après l’accouchement si celle-ci avait été augmentée en cours de grossesse.
    • Après 10 SA :
      • A ce terme de la grossesse, un effet malformatif du phénobarbital n’est plus attendu.
      • L’utilisation du phénobarbital est envisageable.
      • La croissance fœtale sera surveillée (cf. Etat des connaissances).
      • En cas de poursuite du phénobarbital jusqu’à l’accouchement :
        • Tenir compte de la diminution possible des concentrations plasmatiques maternelles de phénobarbital en cours de grossesse (surveillance clinique et plasmatique) et augmenter la posologie si nécessaire.
        • Prévoir la prescription de vitamine K1 à la mère à la posologie de 10 mg/j par voie orale pendant les 15 derniers jours de grossesse.
        • Les intervenants prenant en charge le nouveau-né seront avertis du traitement maternel afin :
          • De lui administrer en salle de travail 1 mg IM ou IV lente de vitamine K1 : posologie d’enfant à risque hémorragique majoré (ANSM septembre 2014) (cf. Etat des connaissances).
          • D’adapter sa prise en charge (sédation éventuelle, …). Rappelons que le phénobarbital a une longue demi-vie d’élimination plasmatique.
        • Pour éviter un surdosage maternel dans le post-partum, réajuster la posologie de phénobarbital après l’accouchement si celle-ci avait été augmentée en cours de grossesse.
    • Suivi de l’enfant à long terme :
      • Bien que les données les plus récentes ne soulèvent pas d’inquiétude particulière avec le phénobarbital (sur un petit effectif), comme pour tout enfant exposé à un médicament du système nerveux central de façon chronique pendant son développement intra-utérin, de principe, il conviendra d’être attentif à l’évolution de son neurodéveloppement.
  • Allaitement
    • La quantité de phénobarbital ingérée via le lait est importante.
    • Chez les enfants allaités, les concentrations plasmatiques de phénobarbital peuvent être équivalentes ou supérieures aux concentrations thérapeutiques maternelles.
    • Des effets indésirables ont été décrits chez des enfants allaités de mères sous phénobarbital, notamment une léthargie.
    • Au vu de ces éléments, il est préférable de ne pas allaiter en cas de traitement maternel par phénobarbital.


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Fax : +33 (0)144735395
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